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Séminaire virtuel via BigBlueButton
3 décembre 2020 - 15h15
Introduction aux effets rebond
Jacques Combaz de CNRS / VERIMAG / ETiCS
invité(e) par Michaël PERIN


Résumé : Face à la crise climatique et écologique en cours, les nouvelles technologies de l'information et de la communication (NTIC) sont souvent présentées comme ayant un fort potentiel pour réduire nos impacts environnementaux, de par leur capacité à optimiser et dématérialiser les autres secteurs (transport, bâtiment, agriculture, énergie, industrie, etc.). Pourtant, malgré la transition numérique, la pression de l'homme sur son environnement n'a cessé de croître si bien que nous sommes très loin des objectifs de réduction fixés par les scientifiques.

En 1865 l'économiste britannique William Stanley Jevons montrait déjà qu'une technologie plus efficace tend aussi à être plus utilisée, ce qui peut annuler une partie voire la totalité des bénéfices attendus. Ce phénomène, baptisé effet rebond ou paradoxe de Jevons, est donc une force de rappel qui s'oppose, directement ou indirectement, au succès des politiques environnementales, que celle-ci reposent sur des améliorations d'efficacité (isolation thermique des bâtiments, covoiturage, etc.) ou sur une plus grande sobriété. Souvent décrit comme un réajustement économique faisant suite à une amélioration de l'efficacité énergétique d'un service ou d'un bien, l'effet rebond est plus généralement défini par F. Schneider comme « l'augmentation de consommation liée à la réduction des limites à l'utilisation d'une technologie, ces limites pouvant être monétaires, temporelles, sociales, physiques, liées à l'effort, au danger, à l’organisation... ». Il ne concerne donc pas que l'énergie et s'explique par des ressorts économiques, psychologiques, sociaux, ou encore techniques. L'appréhender nécessite aussi de faire la distinction entre corrélation et causalité : une technologie améliorant l'efficacité énergétique est par exemple susceptible d'avoir d'autres caractéristiques qui la rendent attractive et stimulent son utilisation.

Les estimations de l'ampleur de l'effet rebond dépendent fortement du cadrage choisi pour l'étude. Par exemple, les théories néoclassiques microéconomiques centrées sur le consommateur voient souvent des effets rebond faibles. La prise en compte du secteur productif, des aspects macroéconomiques, ou encore des transformations à long terme des pratiques sociales, conduisent à des résultats bien différents. Comme nous le verrons, les métriques utilisées jouent aussi un rôle essentiel dans l'appréhension de l'effet rebond. Nous discuterons pour finir de la notion d'objectif et du fait que l'effet rebond est finalement très souvent exploité à dessein par les stratégies de développement commercial des entreprises et par les politiques de croissance des États : ce qui est présenté comme un paradoxe n'est-il pas plutôt la marque d'une incohérence entre nos intentions écologiques et le maintien, voire le renforcement, des causes structurelles profondes de l'effet rebond ?

L'exposé illustrera ces différentes notions à travers quelques exemples issus en particulier issues des NTIC.

Version longue de ce résumé disponible via http://www-verimag.imag.fr/~jcombaz/misc/abstract-verimag-seminar-combaz.pdf

Ce séminaire se tiendra en visio uniquement : https://veri-bbb.imag.fr/b/jac-lxa-inn-hnq

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